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Ce nom a été conçu par le professeur A. Caycedo,
pour désigner une science fondamentale qu'il a créée
et qui trouve aujourd'hui des applications tant dans les sciences cliniques
que dans les diverses sciences humaines, ainsi qu'une école qu'il
a fondée en 1960.
Cette école, devenue aujourd'hui l'école de Sophrologie
caycédienne, étudie la conscience humaine et les valeurs
de l'existence, en partant de nouvelles conceptions (inspirées
de la Phénoménologie), par des procédés originaux
qui lui sont propres.
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Mais
qu'est-ce que la Phénoménologie ?
En quoi réside l'originalité de ces procédés? |
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Le
mot "sophrologie" a été formé à partir
des trois racines grecques: |
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La Phénoménologie.
Bien
que le mot soit plus ancien, la phénoménologie est au départ
un mouvement philosophique, inspiré des travaux de Hegel (1770/1831).
Mais c'est Edmund Husserl (1859/1938), qui peut en être considéré
comme le véritable fondateur de cette discipline ; c'est lui qui
en a créé la méthode (de la réduction phénoménologique),
permettant de laisser se dévoiler et de décrire les phénomènes
Cette méthode ne peut s'appliquer à l'étude des choses
de la nature.
Mais elle a permis une nouvelle approche de ce qui constitue le fondement
même, l'essence de ce qu'il y a d'humain dans l'Homme, la conscience.
Elle a continué à se développer avec les élèves
de Husserl, dont les plus célèbres ont été
:
- Martin Heidegger(1889/1976), Merleau Ponty (1908-1961) et Ludwig Binswanger.
Ce
dernier, psychiatre et thérapeute, a commencé à appliquer
la méthode phénoménologique dans la prise en charge
des souffrances psychologiques. On le considère, à juste
titre aujourd'hui, comme le père de la psychiatrie phénoménologique
; il a en effet introduit une nouvelle manière de regarder et de
rencontrer le malade mental. C'est lui qui a instruit à la phénoménologie
le Dr Caycedo, alors jeune psychiatre, qui a été son dernier
disciple.
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sos
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qui
pour les Grecs de l'antiquité classique, avait une signification
très large et que nous résumerons comme "intact, sain,
harmonique". |
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phren
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au
sens large de psyché, esprit. |
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logos
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au
sens de traité, étude. |
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Lorsque
nous disons que le sophrologue étudie la conscience humaine, c'est
donc en tant que phénomène qu'il le fait. Il étudie
son essence, ce sans quoi elle ne serait pas un phénomène
de conscience. Il l'étudie telle qu'elle se montre, indépendamment
des modalités ou attributs qu'elle peut emprunter pour se montrer.
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Or,
comment se montre-t-elle ?
Elle se montre comme "acte de mise en relation avec le monde",
en l'absence duquel je ne peux plus être "présent"
au monde.
Cet acte s'accomplit selon des modes divers. Par exemple, penser, imaginer,
se souvenir, percevoir, mais aussi se mouvoir, s'émouvoir, souffrir,
jouir etc..
Ce sont là les actes par lesquels la Vie se manifeste, une épreuve
de la Vie en train de se vivre en nous, et par laquelle nous nous éprouvons
vivant. L'école sophrologique lui donne le nom de "Vivance
phronique".
Le mot "vivance" est donc un néologisme. C'est un participe
présent substantivé; le participe présent indique
que l'action est en train de se produire.
La "vivance phronique" est donc cette épreuve de la Vie
en soi que peut vivre consciemment tout vivant humain. (Phronique = profonde,
radicale, essentielle).
Le concept de vivance phronique représente le grand apport de A.
Caycedo, à l'École Phénoménologique Existentielle.
Aucune
pensée ne peut apparaître, qui ne soit le résultat
d'un acte de pensée; aucune image mentale souvenue ou imaginée
ne nous apparaît, sans que nous accomplissions un acte de représentation
; il n'est aucun sentiment qui se donne autrement que par un acte de ressentir.
De même toute émotion est le fruit d'un s'émouvoir,
tout mouvement celui d'un "se mouvoir".
Rien n'est vu, en dehors d'un acte de vision, entendu sans un acte d'audition
etc.. Aucune douleur ne se donne dans la présence, sans acte de
souffrir, nulle jouissance en dehors de l'acte de jouir.
Lorsqu'un être humain n'accomplit plus aucun de ces différents
actes, nous disons alors qu'il a perdu conscience.
La
conscience humaine dans son essence (ce sans quoi elle ne serait pas la
conscience humaine) se montre donc comme constituée d'actes. C'est
pourquoi, nous disons que la conscience est dynamique.
Il
ne faut pas confondre ces actes avec leurs résultats, que sont
les pensées, les images mentales, les souvenirs, les sensations,
les perceptions, les émotions, les douleurs, les jouissances, etc..
Nous appelons les résultats de ces actes les "contenus de
conscience".
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C'est
à ces contenus de conscience que le psychologue s'intéresse
!
Quels sont les rapports qui existent entre eux ?
Comment ces divers constituants de notre monde symbolique interviennent-ils
sur nos différents comportements ?
Comment peut-on m odifier les relations qui s'établissent entre
eux ?
Comment modifier ces relations ? (Par exemple rendre conscients des contenus
inconscients).
Mais
le sophrologue, en tant que phénoménologue, ne s'intéresse
pas à ceux-ci ; il s'intéresse à l 'ensemble de ces
actes de mise en relation avec le monde; à ces actes constitutifs
de notre monde symbolique, sans lesquels aucun monde symbolique quel qu'il
soit, ne saurait même apparaître.
Il ne nie pas que certains de ces contenus puissent être présents
(Le conscient) et que d'autres, restés "latents", puissent
nous agir à notre insu (L'inconscient).
Mais que ces contenus soit conscients ou inconscients, ils ne font pas
partie de son champ d'étude. Il n'en disserte donc pas. C'est pourquoi,
par exemple, vous n'entendrez jamais un véritable phénoménologue
ou sophrologue parler d' "inconscient".
Ils ne cherchent pas en particulier à rendre conscients des contenus
inconscients, ce n'est pas son propos.
La pratique Sophrologique n'est donc pas une psychologie ou une quelconque
psychothérapie.
C'est une science fondamentale, qui s'intéresse aux fondements,
à l'origine, même du phénomène humain, à
ce sans quoi il ne serait pas un être humain.
Il
s'intéresse à l'épreuve que chacun peut faire de
la Vie en lui, à ce "s'éprouver" vivant, indépendant
des modalités ou des attributs que cette vie emprunte pour se dévoiler
dans l'existence de chacun.
C'est par la mise en jeu de ces actes, que la Vie s'éprouve, s'auto-affecte,
et s'auto-accroit dans l'existence de chacun d'entre nous; c'est par elle,
que se dévoilent les capacités et les possibilités,
tant physiques que psychiques qu'elle nous donne.
C'est encore par des "faire", mettant en jeu ces capacités,
que nous constituons notre monde symbolique singulier ; car ce n'est pas
par les mots que nous constituons celui-ci. Les mots ne sont que des signes,
ils montrent ce qui ne se montre pas soi-même, à savoir le
sens, mais ce sont les actes qui donnent sens.
C'est par la mise en jeu de ces actes que nous intégrons la spatialité,
la temporalité, nous constituant ainsi comme égoïté
singulière et incarnée, située dans le temps et dans
l'espace.
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Elle
réside dans leur caractère "vivantiel". Qu'est-ce
à dire ?
Au
cours d'une première étape, dite "fondamentale",
d'un entraînement progressif, il s'agit d'activer et de renforcer
ce "s'éprouver" primordial de la Vie en soi. Ceci est
réalisé par la pratique d'actes, tant physiques que psychiques.
Mais ceux-ci ne sont pas accomplis n'importe comment, ils le sont en focalisant
l'attention sur eux. Ainsi se dévoilent, en les vivant et avec
l'acuité de la réalité vécue consciemment,
les capacités et les possibles que cette Vie nous donne.
Mais
ceux qui ont suivi de près l'évolution de la Sophrologie,
de sa création à ce jour, ont pu se rendre compte de son
évolution.
A
l'époque de sa création, en 1960, sa seule ambition était
d'être une Science de la Conscience; elle se voulait seulement une
méthode apte à aider chacun, à découvrir et
entraîner les différentes structures et capacités
de celle-ci.
Elle
a évolué depuis. En effet, elle ne considère pas
seulement l'Homme comme une personne, avec ses aspects biologiques et
aussi individuels (et donc sa liberté) ; elle le voit comme un
être intégré dans la société, un être
qui se constitue à travers une expérience intersubjective
et existentielle.
Ses méthodes se veulent donc une "discipline" existentielle.
Celle-ci doit s'exercer dans le respect de la liberté individuelle
; elle doit prendre en compte en compte le fait suivant : c'est à
travers l'expérience individuelle et sociale de sa propre existence,
que chacun peut découvrir la manière de construire sa propre
personnalité.
Les méthodes sophrologiques caycédiennes ont, à juste
titre, une prétention, celle de permettre à chacun de mettre
cette force intégrative des structures de l'être qu'est la
conscience, au service de ses propres valeurs et de sa propre personnalité.
Elles ne peuvent donc plus être seulement une pratique qui renforce
les capacités et structures de la conscience. Il faut aussi qu'elles
permettent à chacun de découvrir et de conquérir
ses propres valeurs ; celles qui sont constituantes et intégratives
de sa propre égoïté.
La méthode du cycle fondamental constituait jusqu'en 1988, l'essentiel
des méthodes proposées par la Sophrologie. Mais, compte
tenu de cette évolution, elle est devenue insuffisante et a donc
dû être complétée !
A. Caycedo a alors conçu et proposé, de nouvelles méthodes
d'Entraînement ; celles-ci portent le nom de cycle "Radical"
et de cycle "Existentiel. L'école sophrologique caycédienne
a alors vérifié par l'expérience la validité
de ces cycles. Ce-ci sont alors venus se rajouter au cycle fondamental.
La méthode actuelle est donc aujourd'hui constituée de trois
cycles.
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